Samedi 15 avril 2006
La patience et l’entêtement nous ont jusqu’à ce jour, et sous bien des latitudes, permis de réaliser tous nos projets. Madagascar ne fera pas exception. Apres huit jours d’attente et de recherche à Tuléar en cette saison étonnamment vide de touristes, nous parvenons, par le plus curieux des hasards, à mettre la main sur les deux seuls candidats potentiels. Seuls nous ne pourrions en effet faire subir un bon de lémurien à notre budget pour payer la location du 4x4 indispensable à une telle entreprise !

Départ jeudi matin aux aurores. Le 4x4 alourdi de 130 l de benzine, nous partons vers le Nord pour contourner le fleuve Onilahy et prendre la piste qui part plein Est avant de bifurquer à la hauteur de la petite ville de Betioky. Cap ouest pour rejoindre le littoral dans un paysage d’une extrême aridité ou les habitants Mahafaly retranchent leurs maisons derrière des haies de cactées. Premier bivouac sur la plage dans le petit village Vezo de Beheloka. Étonnant tapis de sable d’un blanc éclatant bordant un lagon d’une eau transparente. Ici se côtoient populations Vezo et Tanala dans une extrême pauvreté. L’eau douce est rarissime. Même le café est fait à l’eau de mer.

Le deuxième jour nous amène tranquillement jusqu’au magnifique village d’Itampolo. Une baie paradisiaque dont l’étonnante couleur de l’eau lui vaut aujourd’hui le titre honorifique, selon beaucoup, de l’un des plus beaux coins du littoral malgache. Jusqu’ici la piste était praticable, sableuse et molle donc confortable pour nos bases arrière désormais malmenées par la rigidité du 4x4 Patrol qui nous ballote comme des pops corn dans une poêle à frire.

Nous sommes en pays Antandroy et Mahafaly, artisans de sépultures célèbres dans tout Madagascar. Lors d’un enterrement, tout le cheptel du défunt est abattu. La quantité de cornes de zébus décorant la tombe témoigne alors de la plus ou moins grande richesse du mort.

C’est au troisième jour que commencent les difficultés. La piste est de plus en plus difficile à trouver, il n’y a plus ni hôtel ni gargote et nous devons profiter de l’hospitalité des habitants du village de Bevoalavo pour notre 3° bivouac. Un obstacle de taille nous attend à quelques km de là : la traversée de la rivière Menarandra qui, si elle est à sec à cette latitude et à cette saison, n’en est pas moins difficile à franchir même avec un 4x4. Il nous faut l’aide d’un villageois pour chercher un passage plus au nord. Au prix d’heures éprouvantes sur une piste presque impraticable tant les roches calcaires qui en sortent sont hautes, nous parvenons à aligner péniblement les kilomètres. Pays d’une extrême aridité, la seule richesse de ce territoire sont les innombrables cactus qui regorgent de fruits juteux. Les plantes sont si hautes, si nombreuses et si serrées que la voiture ne peut parfois avancer sans que leurs fruits éclatent une confiture rougeâtre sur les vitres. La peinture du 4x4 est striée de milliers de rayures d’épines. Si peu d’eau dans ce coin du monde qu’on désaltère zébus, moutons et chèvres en leur donnant à manger les feuilles de cactus dont les épines ont été préalablement brûlées. Halte à Lavanono, nouvel eldorado de surfeur dit-on, même si aujourd’hui les pirogues Vezo sont encore plus populaires sur la plage que les long board fluos. Non sans peine nous parviendrons à rejoindre plus à l’est la petite bourgade de Faux Cap tard dans la soirée pour cette dernière nuit. Le lendemain, si le 4x4 repart vers Tuléar. Mais la fin du voyage n’en sera pas moins éprouvante pour nous à la recherche désespérée de taxi-brousse pour relier Fort Dauphin, but ultime de cette longue piste de plus de 1000 km.
Ville bout du monde, Tolagnaro comme on la nomme désormais, vie recluse du reste du pays sur un promontoire dominant une baie sublime dans l’attente, peut-être un jour, de routes praticables qui la relierait au reste du pays.

En attendant c’est dans cet étonnant décor que notre voyage de 3 mois s’achève. Haut en couleur et en aventures pittoresques il aura comblé toutes nos attentes. Photos, dessins, histoires vécues sont autant de matière rapportée dans nos sacs qui n’attendent que d’être compilé dans un nouveau recueil illustré. Va falloir convaincre notre éditeur. Mais une bonne nouvelle tombe à point pour nous y encourager : « 3 ans de voyage » vient de recevoir le prix des 5 Continents dans la catégorie beaux livre qui récompense « les ouvrages qui ont contribué à valoriser le voyage à l’étranger et les échanges interculturels ». Deuxième distinction pour notre pavé qui nous sera remise, excusez du peu, dans 15 jours au Ritz. Il va falloir reléguer notre tenue de route au placard pour l’occasion sinon on risque de nous refouler place Vendôme.

En attendant « Veloma ! » et rendez-vous pour de nouvelles aventures d’ici peu…

Mr et Mme Marcaranana.

par Claire et Reno Marca publié dans : voyagemadagascar
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Mardi 4 avril 2006
Après une nouvelles escale dans la capitale Malgache à courir les administrations en quête d’une extension de visa et les postes restantes dans l’espoir d’y trouver un colis qui jamais n’arrivera, nous avons finalement repris la route du sud, la célèbre RN7, direction la petite ville d’Ambalavao proche de Fianarantsoa. Porte du sud tout entier, réputée pour son vaste et précieux marché aux zébus qui se déroule ici chaque semaine « depuis, depuis, depuis… » comme on dit ici (entendez on ne sait même plus depuis quand il existe), Ambalavao nous intéresse car c’est la porte du Massif de l’Andringitra, parc National renommé qui abrite le plus haut sommet accessible de Madagascar le Pic Boby. Allez savoir pourquoi le point culminant situé au nord du pays reste réservé aux initiés et autres adeptes du contortionisme vertical.

Nous voici donc en compagnie de Marcel, guide chef, de Martin, guide du parc de deux porteurs (pour une fois on va pas se priver sous le prétexte charitable, qui nous arrange aujourd’hui, de faire travailler les locaux…). Mais il nous faut avant tout rallier l’entrée du parc distant de 50 km qui, si elle se trouvait au bout d’une route dite carrossable, se parcourrait le temps de 3 stations de RER. Or il nous faudra 4h, le temps d’un métro Malgache, pour venir à bout d’une piste défoncée rendue plus pénible encore par l’apathie d’un chauffeur soucieux de ménager sa monture (mais pas ses clients) et propriétaire d’un véhicule défaillant qui additionne les crevaisons et les pannes…

Une fois en route, celle avec des grosses chaussures aux pieds, nos petits mollets encore peu préparés à la verticalité de la route ici exemplaire vont vite s’échauffer. Les bougres, ils n’ont pas le choix. L’endroit, vaste et sauvage, est grandiose et en ces temps peu touristique plus peuplé de faune locale que touristique. Bivouac sous la tente et au coin du feu. Nos hommes sont des perles et à 2100 m d’altitude on nous sert des petits repas de chef clos sur bananes flambées. Le lendemain, ascension du Pic Boby (2658m une broutille) que les locaux préfèrent appeler par son nom d’origine : Imarivolanitra signifiant « tout près du ciel ». Et pour cause, le Pic Boby tiens son nom d’un chien, celui d’un éminent colon qui, en 1927, avait fait la course avec d’autres mais c’était vu devancé au sommet par son chien, le dit Boby. Un nom de chien pour une montagne aussi prestigieuse, pour les Malgaches ça ne fait pas l’affaire !
Apres 2h de marche dans des escaliers taillés dans la roche, nous dominons toute la plaine qui s’étend à nos pieds. Le Massif de l’Andringitra tout entier, la falaise du Tsaranoro, la ville d’Ambalavao et la porte du sud qui mène vers le canal du Mozambique que l’on distingue à l’horizon selon nos guides mais pour cela sans doute faut-il avoir des yeux Malgaches…8h de marche plus tard nous pouvons bivouaquer la tête sous les étoiles au son des chants et des danses de nos guides.
Encore 4h de marche à travers les rizières et villages des populations Baras (les célèbres voleurs de zébus) et Betsileo pour rejoindre la falaise du Tsaranoro tant convoitée par les grimpeurs du monde entier et pour cause. Haute de près de 1000 m, lisse comme une savonnette après la douche, elle est un défi à toutes les lois de l’apesanteur et attise donc la convoitise des plus farouches, des plus experts (et des plus musclés aussi, nos petits bras ne résisteraient pas à une telle entreprise). Au quatrième jour, ils rentrèrent après encore 5 h de marche pour rejoindre le monde moderne qui devrait être synonyme de transports à moteur.

Deux jours plus tard, après la célèbre messe du marché aux zébus, route vers Tuléar tout au sud où nous sommes à ce jour. Dernier objectif de ce voyage avant le retour, dans 15 jours déjà : rallier Tuléar à Fort-Dauphin, bastion sudiste isolé, par la terrible piste qui longe le littoral sud. Une des plus belles dit-on mais surtout une des plus difficiles. Un souci majeur de taille demeure pour se lancer dans une telle entreprise : trouver un 4x4 pour faire la route (jusque-là rien d’insurmontable), mais surtout des gens pour partager les frais du voyage, ceux-là insurmontables pour notre porte-monnaie de petit voyageur. Suspense, suspense…

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Lundi 13 mars 2006
Embarquement à bord de la goélette « Camarade » pour un voyage comme à l’époque des flibustiers, des pirates et des corsaires. Pas de moteur bien entendu, 5 voiles remontées à la force des bras et tendues par les vents (il faut réunir la force de 4 hommes environ pour hisser une voile), le mat et la baume qui ne cessent de craquer et de grincer, le brasero à bois pour faire cuire le riz et une kabosy (petit ukulélé local) pour meubler le temps. On nous offre gentillement la seule cabine à bord, petite boîte de 1,30 m de haut et de 2m sur 2 d’un confort relatif mais agréable compte tenu que le pont, brûlant aux heures du jour, est encombré d’un tas de bazar qui nous empêcherait d’y faire du camping : petite pirogue (l’annexe), « cuisine », casseroles, réserves d’eau, ancres, bouts, et toit de la cale dans laquelle dorment 30 t de sel.

Un voyage grandiose même si rendu éprouvant par la chaleur accablante, les orages nocturnes mais plus que tout le roulis permanent qui fait tourner la tête. La mer est ici bien formée jusque devant l’entrée de Maintirano où nous arrivons après 3 jours. La ville est recluse derrière une passe qui soulève des rouleaux de plus de 2m de haut. Il faudra 36 h d’attente infernales dans ce roulis latéral au capitaine pour qu’il se décide à se lancer, sans doute conscient de la difficulté et des dangers de franchir une telle barre avec un engin antédiluvien et si chargé. Apres si longtemps à attendre au rythme du roulis, autant dire que nous avions eu tout le temps, nous aussi, de méditer sur tous les scénarios éventuels d’une telle entreprise : un ride de surf en bobsleigh centenaire, personne ne l’a encore jamais tenté. Pour vous, nous l’avons fait !

Et nous n’étions pas au bout de nos surprises car au moment de se lancer, le capitaine exige de nous enfermer dans la cabine pour ne pas gêner les manœuvres des 6 hommes d’équipages. Paniqués, nous voilà dans notre petite boîte sans lumière et sans air avec pour seul indice extérieur le bruit des déferlantes nous arrivant dessus. Angoisse totale quand la première menace de nous renverser de côté, submergeant le bateau d’eau qui rentre par les portes avant qu’une seconde puis une troisième nous bouscule violemment vers le rivage manquant de nous planter dans le sable de la plage. Après ce long stress et tant de fatigue, la terre ferme a du bon, le coca frais aussi !

L’idéal aurait été de continuer vers le nord avec un moyen flottant mais motorisé cette foic-ci. Or de telles perspectives ne semblaient pas vouloir se présenter avant 8 à 10 jours. Impossible pour nous d’attendre si longtemps. Nous nous sommes donc envolé pour Mahajanga à bord d’un petit Twin Otter quadragénaire…

À présent retour à Tananarive pour une extension de visa puis retour vers le grand sud. Encore 1 mois ½ de voyage en perspective…

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Lundi 13 mars 2006
C’est au XIX° siècle que débute l’histoire des goélettes de Belo. Radama Iier, alors roi de Madagascar fait venir de France des charpentiers de marine bretons afin de former les populations locales ; Une famille s’installe alors à Belo, important un style de bateaux dont le savoir-faire, transmis par oral, perdure aujourd’hui. Des bateaux entièrement faits de diverses essences de bois, pouvant faire jusqu’à 22m de long pour les plus grands. En dehors de la saison des pluies, ils naviguent sur le Canal du Mozambique de Tuléar au sud à Mahajanga, Nosy Be  au nord même pour certains. Ils transportent de l’épicerie, du sel (Belo compte d’importante salines) etc… livrant les marchandises le long de cette région côtière encore isolée et recluse par manque d’infrastructures routières.

Chaque famille à Belo rêve de construire et de posséder son propre boutre. À raison de 3 ou 4 nouveaux bateaux par an, le littoral du village ressemble à un immense chantier de charpenterie de marine dont certaines carcasses semblent ne jamais se finir. Faute de moyens on travaille sur le bateau quand on a un peu d’économies ce qui demande parfois de longues années avant l’achèvement de la goélette ! Pour fabriquer ces bateaux, les outils modernes sont toujours inexistants faute de moyens financiers pour les acheter et d’électricité dans le village. Même l’essence à Madagascar coute aussi cher que chez nous ! On courbe le bois en le chauffant sur la braise, on utilise l’herminette, on calfate au sisal et à la résine. Si les techniques n’ont pas ou peu changé depuis les premières goélettes, la silhouette du bateau a quelque peu été modifiée par les commanditaires toujours désireux de pouvoir charger plus les bateaux. Aujourd’hui, elles sont plus ventrues, moins rapides sur l’eau, plus lourdes… Mais le problème majeur auquel doivent faire face les constructeurs est la pénurie de bois. La matière première fournie par les Masikoro qui résident dans les terres ne peut plus être impunément coupée : il faut au moins une centaine d’arbres pour faire un bateau ! Une vaste forêt vient d’etre déclarée zone protégée dans l’arrière pays de Belo, privant ainsi les Masikoro de leur travail et les charpentiers de bois. Un vaste commerce illicite s’est donc installé mais ne résolvant en rien ce problème de taille.

En cette saison les goélettes sont toutes à l’abri des intempéries dans la lagune de Belo : entretien, réparation, calfatage, peinture… on bricole avant de reprendre la mer. C’est la raison pour laquelle nous sommes là précisément maintenant : pour pouvoir s’embarquer à bord de l’une d’entre elles avant que toutes ne soient en mer à livrer le fret. Au bout de 8 jours, une opportunité se présente à nous qui, si nous la ratons, promet de mettre notre beau projet à l’eau. 2 goélettes partent livrer 60 T de sel au nord dans la ville de Maintirano. L’affaire est vite conclue avec le capitaine, coutumier d’un commerce dont les accords ne se font que par oral.

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Lundi 13 mars 2006
Pour remonter de Tuléar à Belo-sur-mer par les flots, il nous fallait trouver un piroguier, un marin, un vrai. Pas un de ces nombreux rastacouères qui, sur les plages du sud malgache vous propose « une balade sur le lagon » entre deux fumettes. Notre enquête nous a rapidement mené à la bonne adresse, celle du capitaine Ranaivo, maître absolu des flots, le seul capable d’entreprendre ce voyage selon son entourage. Voilà donc notre homme trouvé, accompagné de son acolyte, le distrait et serviable Alphonse.

Nous voici donc sur cette embarcation millénaire faite dans un tronc de balsa, armée d’une grande voile et d’un appendice sur le côté droit : le balancier. Assis au fond de la coque, les bases arrière sur un tas de voiles, nous voilà voguant au ras de l’eau en position bobsleigh, le collant moulant d’Albert de Monaco en moins.
Filant plein nord, nous longeons un littoral bordé de plages désertes de sable blanc noyées dans une eau d’un bleu et d’une transparence totalement surréalistes. Ici vivent les pêcheurs Vezo (on dit Vez’), nomades pour certains, pêchant sur le littoral ou sur les îles éparses au large selon les saisons. La pêche au requin est la nouvelle ruée vers l’or. Un butin convoité par tous car les ailerons courtisés par les asiatiques (qui l’eu cru ?) se revendent à prix d’or. Un nouvel essor qui se fait hélas au détriment des pêches traditionnelles.

Chaque midi et chaque soir, nous bivouaquons dans l’un de ces petits villages faits de quelques huttes où les bambins partent en courant en voyant débarquer les vahazas (les blancs). Régime poisson-riz pendant 5 jours mais qui se plaindrait de manger quotidiennement du capitaine, de la carangue ou du rouget fraîchement pêché ? Nuit sous la plage sous la voie lactée avant, chaque matin, de repartir aux aurores. Mais la saison, météorologiquement instable, nous jouera des tours avec des mers d’huiles tous les matins jusqu’à midi à nous faire rôtir sur l’eau en plein soleil pendant des heures sans l’espoir d’une brise. À plus de 40 ° autant vous dire que dans le bobsleigh, ça commençait à fondre…

Sortis du lagon à la hauteur de Morombe, la navigation n’est plus protégée par le récif corallien. Elle devient plus technique et les creux se forment. Nous allons tirer parfois jusqu’à 10 ou 12 nœuds !  Peu de piroguiers du sud s’aventurent jusqu’ici mais notre homme connaît son affaire. Il est déjà allé à Belo. C’est une bonne chose d’ailleurs, car l’entrée de ce petit village reculé se dissimule derrière une lagune tapissée de hauts fonds dont seuls les experts connaissent les codes d’accès. Mais pour cela il nous faut avant tout virer de bord et franchir la passe ce jour-là tourmentée par des creux de 1,50 m. Autant dire que dans une pirogue, assis au ras de l’eau, c’est très impressionnant surtout quand l’engin se soulève par deux fois et menace de se briser sur le côté poussé par quelques déferlantes. Couché sur le balancier nous n’en menons pas large, plus inquiets du sort de l’ordinateur, du matériel photo et des carnets à dessin que du notre…

Après cet ultime épreuve, nous arrivons enfin à Belo-sur-mer, enclave isolée mais connue dans tout le pays pour abriter un foyer de constructions de goélettes qui naviguent sur tout le canal du Mozambique. Et c’est surtout pour elles que nous sommes venus…

par Claire et Reno Marca publié dans : voyagemadagascar
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Samedi 18 février 2006
Tulear, extreme sud-ouest malgache.
Nous voici au bout de la RN7 apres avoir traverse d’etonnants paysages de steppes desertiques sur des centaines de kilometres qui ne sont pas sans rappeller quelques lattitudes australiennes, l’herbe en plus. Desormais a Tulear, notre projet de remonter vers le nord pour rejoindre le village de Belo sur Mer s’avere plus complique que prevus. Le cyclone qui a balaye la cote il y a 10 jours a fait quelques ravages  au nord de Morombe coupant la route pour monter jusqu'à Morondave (et donc Belo). La voie de terre coupee, restait la voie des airs mais comme toujours nous y sommes allergiques. Nous remonterons donc vers le nord sur les flots.

Depart demain matin sur une pirogue a balancier pour 4 ou 5 jours de mer selon que les vents du sud nous serons favorables ou non. A bord Capitaine Ranaivo, pecheur Vezo, son bosco et quelques escales en route pour plonger et pecher. Trop dur…
Une fois a Belo, petit village de pecheur de quelques centaines d’ames et repute pour ses chantiers de fabrication de goelettes, nous chercherons un de ces bateaux pour continuer sur le canal du Mozambique jusqu’a Mahajunga au nord ouest de l’ile. Mais rien n’est plus incertain a ce jour…

La chaleur est en plus en plus caniculaire et ces quelques jours en mer risquent fort de nous transformer en samosas a la viande. Pas de nouvelles avant quelques temps. A Belo il y a des bateaux mais certainement pas encore d’ordinateurs !

par Claire et Reno Marca publié dans : voyagemadagascar
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Mardi 14 février 2006

Dimanche 05 janvier, nous sommes à Fianarantsoa d’où nous embarquons dans un train cinquantenaire pour rejoindre la ville isolée de Manakara sur la côte sud-est du pays. Ce petit cheval de fer grinçant et bringuebalant n’est pas sans nous rappeler un certain rail du désert mauritanien. Mais le sable est ici remplacé par les bananes !

Au rythme moura moura (tout doucement) de 40km/h et pas moins de 17 arrêts en gare sur 163 Km, le train traverse les reliefs étonnants qui séparent les hauts plateaux luxuriants des rives Est de l’Océan Indien. Un voyage épique qui, dans le sens de la montée, nécessite de saupoudrer la voie de sable pour permettre aux roues d’accrocher les rails et de s’accommoder des 1000 m de dénivelés!

Chaque arrêt en gare est l’occasion de charger et décharger des kilos de marchandises : bananes, mangues, riz, poules ou cochons, mais aussi passagers qui s’entassent tant bien que mal dans les deux seuls wagons que compte notre monture ferrugineuse.

Manakara s’étale entre la pointe méridionale du canal des Pangalanes et le littoral de l’Océan Indien aussi sauvage que peu propice à la baignade car secoué par de puissants courants et habité par des hordes de requins. Voilà de quoi décourager les grands plagistes que nous sommes. Reno rêvait tellement de sortir son maillot de bain !

Sous une torpeur encore inégalée dans nos chroniques Malgaches (42° au soleil), nous voilà, brutes têtues, à suer en vélo sur des kilomètres de plages bordées de palmiers magnifiques, yuccas et petits villages de pêcheurs (la langouste fut délicieuse, merci !). Résultat nous ressemblons désormais à des bugnes tout juste sorties de l’huile de friture, les crampes en plus !

À ce jour, de retour à Fianarantsoa, nous nous concentrons sur quelques jours de travail avant sans doute de nous diriger directement vers Tuléar (sud-ouest) afin de mettre à exécution nos principaux projets : relier Tuléar à Fort Dauphin par la côte avant de tenter de rejoindre les villages de pêcheurs plus au nord qui bordent le Canal du Mozambique. Voyages aussi ambitieux qu’ils promettent d’être épiques en cette saison de l’année où les pistes se transforment en bourbiers impraticables à la moindre pluie. De quoi revivre nos plus belles épopées africaines car on n’est pas venus là que pour manger des langoustes non plus!

par Claire et Reno Marca publié dans : voyagemadagascar
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Mardi 14 février 2006
Seconde halte à Ambousitra (prononcer Ambouchtr’). Comme Antsirabe, la ville se hisse sur les hauts plateaux à plus de 1000 m d’altitude dans une relative fraîcheur de 24° qui rime également avec pluies en cette période de l’année. Aussi diluvien que ponctuel, l’orage s’abat presque quotidiennement peu avant la fin du jour, vers 18h. Nous voilà désormais coutumiers des horaires locaux : lever à 5h30, dîner à 19h au lit à 20h30. Ce qui nous permettra au retour d’être en harmonie avec l’emploi du temps de notre voisinage octagénaire breton !

Nous faisons la rencontre de Gaston, personnage locace et sympathique qui nous invite à prendre place, les fesses dans la sciure, derrière des piles de bois de palissandre et eucalyptus. Négociant en bois, il se propose de nous emmener dans le village Zafimarini isolé des montagnes dont il est originaire. Même s’il n’est distant que d’une cinquantaine de km, Gaston ne s’y est pas rendu depuis plusieurs mois faute de moyens.

En échange du prix du voyage et de nombreuses cigarettes offertes par Reno (son tabac à rouler fait un malheur à Madagascar), nous nous rendons à Ifasina après 1h30 de 4L sur une piste défoncée puis 2 heures de marche au fil des reliefs abrupts. 150 âmes à tout casser vivent au fond d’une vallée sans eau ni électricité dans des habitations traditionnelles qui ne sont pas sans rappeler des clichés de l’Irian Jaya ! On vit ici de l’abattage et du commerce du bois, activité propre à cette ethnie mais fléau national pratiqué de manière assidue dans toute l’île. Autrefois vaste forêt luxuriante, Madagascar n’est plus, bien souvent, qu’un parterre de collines dénudées dont la moindre parcelle est recyclée en culture. Une épilation nationale...

par Claire et Reno Marca publié dans : voyagemadagascar
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Mardi 14 février 2006

De Tananarive, la capitale malgache, file plein sud la célèbre Nationale 7. Célèbre car c’est la seule route qui relie deux villes d’importance sur une si grande distance kilométrique bitumée de bout en bout. Si elle ne conduit pas vers la Méditerranée via les congés payés, elle mène aussi à la mer en se concluant à Tuléar que borde le canal du Mozambique.

Après 8 jours à Tananarive, première escale à Antsirabe. Ancienne ville thermale, elle conserve aujourd’hui quelques vestiges coloniaux répartis le long d’avenues bordées de pin. Pour Reno à qui le moindre pin rappelle ses vacances d’été à Arcachon du temps lointain où il était jeune, Antsirabe ne fait pas exception.

Vestiges des communautés chinoises venues pour construire la ligne de chemin de fer Tananarive-Fianarantsoa, les pousse-pousse s’activent en ville à la recherche du client, si possible vazahas (étranger), car beaucoup plus lucratif.

Du chemin de fer ne reste plus que le souvenir et les rails, impraticables désormais recyclées en pâturages pour zébus, terrain de jeu pour les enfants ou piste de séchage de linge. Dommage pour nous, plus amateurs de voyage ferroviaire que de taxis sur lesquels nous avons déjà usé de trop nombreux fonds de culottes. Il nous faut donc ici retrouver ces bons vieux taxis-brousse qui, s’ils sont d’un confort relatif à Madagascar, n’en demeurent pas moins des transports locaux africains. Ils se caractérisént par une forte surcharge pondérale, des sièges de la taille d’un demi-derrière de poupon, et un lot de passagers mal accommodés des virages qui lancent leurs nombreux sacs de rejets digestifs par les fenêtres dans la verdure malgache comme autant de comètes dans la voie lactée.

par Claire et Reno Marca publié dans : voyagemadagascar
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Vendredi 10 février 2006

Arrivée sur Tananarive tardivement lundi soir. Mal de crâne everestien après avoir ingurgité cinq films de suite sur un écran de la taille d’un gant de toilette…

Descente d’avion moite mais pas trop : 21°C en soirée, c’est parfait pour dormir.

Aujourd’hui mercredi, découverte de Tananarive, capitale malgache donc, surnommée « la ville des Mille ». On pourrait croire que c’est dû au nombre de collines qui la jalonne tant elles sont nombreuses et les ruelles qui les serpentent étriquées, mais pas du tout.

Marché « odorific » aux embruns poivrés, 2CV et 4L recyclées en taxis, gare ferroviaire d’architecture coloniale désuète, brouhaha citadin pollué et embouteillé… ainsi va Tananarive après deux jours de légère prospection… Nous retrouvons l’ambiance africaine avec délices et découvrons avec étonnement les sourires, la courtoisie et l’accueil chaleureux des malgaches. Départ pour le sud d’ici quelques jours en principe car on a déjà proposé à Reno de faire des dessins pour la plublicité de la bière locale THB !

À suivre donc…









par Claire et Reno Marca publié dans : voyagemadagascar
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