Dimanche 05 janvier, nous sommes à Fianarantsoa d’où nous embarquons dans un train cinquantenaire pour rejoindre la ville isolée de Manakara sur la côte sud-est du pays. Ce petit cheval de fer grinçant et bringuebalant n’est pas sans nous rappeler un certain rail du désert mauritanien. Mais le sable est ici remplacé par les bananes !
Au rythme moura moura (tout doucement) de 40km/h et pas moins de 17 arrêts en gare sur
Chaque arrêt en gare est l’occasion de charger et décharger des kilos de marchandises : bananes, mangues, riz, poules ou cochons, mais aussi passagers qui s’entassent tant bien que mal dans les deux seuls wagons que compte notre monture ferrugineuse.
Manakara s’étale entre la pointe méridionale du canal des Pangalanes et le littoral de l’Océan Indien aussi sauvage que peu propice à la baignade car secoué par de puissants courants et habité par des hordes de requins. Voilà de quoi décourager les grands plagistes que nous sommes. Reno rêvait tellement de sortir son maillot de bain !
Sous une torpeur encore inégalée dans nos chroniques Malgaches (42° au soleil), nous voilà, brutes têtues, à suer en vélo sur des kilomètres de plages bordées de palmiers magnifiques, yuccas et petits villages de pêcheurs (la langouste fut délicieuse, merci !). Résultat nous ressemblons désormais à des bugnes tout juste sorties de l’huile de friture, les crampes en plus !
À ce jour, de retour à Fianarantsoa, nous nous concentrons sur quelques jours de travail avant sans doute de nous diriger directement vers Tuléar (sud-ouest) afin de mettre à exécution nos principaux projets : relier Tuléar à Fort Dauphin par la côte avant de tenter de rejoindre les villages de pêcheurs plus au nord qui bordent le Canal du Mozambique. Voyages aussi ambitieux qu’ils promettent d’être épiques en cette saison de l’année où les pistes se transforment en bourbiers impraticables à la moindre pluie. De quoi revivre nos plus belles épopées africaines car on n’est pas venus là que pour manger des langoustes non plus!