Mardi 14 février 2006
Seconde halte à Ambousitra (prononcer Ambouchtr’). Comme Antsirabe, la ville se hisse sur les hauts plateaux à plus de 1000 m d’altitude dans une relative fraîcheur de 24° qui rime également avec pluies en cette période de l’année. Aussi diluvien que ponctuel, l’orage s’abat presque quotidiennement peu avant la fin du jour, vers 18h. Nous voilà désormais coutumiers des horaires locaux : lever à 5h30, dîner à 19h au lit à 20h30. Ce qui nous permettra au retour d’être en harmonie avec l’emploi du temps de notre voisinage octagénaire breton !

Nous faisons la rencontre de Gaston, personnage locace et sympathique qui nous invite à prendre place, les fesses dans la sciure, derrière des piles de bois de palissandre et eucalyptus. Négociant en bois, il se propose de nous emmener dans le village Zafimarini isolé des montagnes dont il est originaire. Même s’il n’est distant que d’une cinquantaine de km, Gaston ne s’y est pas rendu depuis plusieurs mois faute de moyens.

En échange du prix du voyage et de nombreuses cigarettes offertes par Reno (son tabac à rouler fait un malheur à Madagascar), nous nous rendons à Ifasina après 1h30 de 4L sur une piste défoncée puis 2 heures de marche au fil des reliefs abrupts. 150 âmes à tout casser vivent au fond d’une vallée sans eau ni électricité dans des habitations traditionnelles qui ne sont pas sans rappeler des clichés de l’Irian Jaya ! On vit ici de l’abattage et du commerce du bois, activité propre à cette ethnie mais fléau national pratiqué de manière assidue dans toute l’île. Autrefois vaste forêt luxuriante, Madagascar n’est plus, bien souvent, qu’un parterre de collines dénudées dont la moindre parcelle est recyclée en culture. Une épilation nationale...

par Claire et Reno Marca publié dans : voyagemadagascar
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